L’America’s Job Bank menacée par les coupes budgétaires de l’administration Bush ?

D’après une dépêche d’Associated Press publiée la semaine dernière, l’America’s Job Bank, le job board financé par le ministère du travail américain (U.S. Department of Labor), serait sur la liste des 141 programmes que George Bush souhaite voir annulés ou réduits dans le cadre du budget fédéral 2007.

Ce service gratuit pour les candidats comme pour les recruteurs (tant pour la publication d’offres que la consultation de la CVthèque), et sans publicité, est grossièrement comparable aux sites de l’ANPE ou de l’Apec en France. Il fait partie intégrante du service public de l’emploi américain dont il constitue même un des éléments centraux du fait de l’accent mis aux Etats-Unis sur la dimension Information de l’intervention publique sur le marché du travail (voir la typologie des formes d’intermédiation déjà évoquée).

A l’origine, en 1979, l’America’s Job Bank est une base nationale qui rassemble les offres d’emploi recueillies par les services emploi des Etats américains. A partir du début des années quatre-vingt-dix, des bornes dites ALEX (Automated Labor Exchange) permettant aux utilisateurs d’y avoir directement accès sont mises en place dans les services emploi, mais aussi dans les centres commerciaux et dans les bases militaires (un des objectifs du programme étant de faciliter la reconversion des vétérans de l’armée américaine).

En 1994 le nombre d’offres disponibles est relativement limité pour un pays de la taille des Etats-Unis : 50 000 offres dans le privé et 2 000 dans l’administration fédérale. Mais Robert Reich, ministre du travail (U.S. Secretary of Labor) de Bill Clinton de 1993 à 1997, soutient le programme qui se développe rapidement : 100 000 offres en 1995, plus de 500 000 en 1996.

Robert Reich fait de l’accès à la base un des éléments centraux des one-stop career centers qu’il crée en 1995 pour rassembler les services offerts aux personnes en recherche d’emploi. Parallèlement, l’America’s Job Bank est portée sur Internet, d’abord en simple consultation. Ensuite est offerte la possibilité de déposer directement en ligne CV et offres d’emploi, comme sur un job board classique.

Actuellement, l’America’s Job Bank compte un peu plus de 2 millions d’offres d’emploi (je ne dispose malheureusement pas de la répartition des offres par origine :services emploi des Etats, dépôt direct en ligne, etc.), ce qui en fait une des bases d’emplois les plus importantes des Etats-Unis. A cela s’ajoutent 675 000 CV consultables par les recruteurs.

Dans la liste des 141 programmes que George Bush souhaite voir annulés ou réduits, l’America’s Job Bank est classée parmi les annulations pures et simples, pour une économie estimée de 15 millions de dollars. Si cela était confirmé, le service public de l’emploi américain, qui n’est déjà pas franchement développé, serait considérablement affaibli. Et cela renforcerait d’autant la légitimité d’acteurs comme DirectEmployers / JobCentral à se positionner sur le créneau de « l’intérêt général ».

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Un commentaire »

  1. […] Quoiqu’il en soit, il est intéressant de noter cette initiative au moment où les Etats-Unis semblent au contraire vouloir dans ce domaine s’en remettre aux seuls acteurs privés. […]

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